
London River
London River
Après avoir été salué pour son film de guerre, « Indigènes », Rachid Bouchareb a décidé de revenir à la simplicité au cinéma. Le réalisateur s’est investi dans cette nouvelle réalisation « London River » est en fait un drame psychologique. Ce long-métrage porte sur les suites d’un attentat à Londres. Mais « London River » c’est l’histoire d’une rencontre entre deux êtres – Élisabeth et Ousmane. Venant de différentes cultures, les protagonistes sont interprétés de façon magistrale par Brenda Blethyn et Sotigui Kouyate. Découvrons « London River ».
« Indigènes » a été l’une des plus belles réalisations de Rachid Bouchareb. Pour faire suite, son réalisateur a décidé de renouer avec la simplicité avec « London River ». Tout en pudeur et en retenue, le long-métrage qu’est « London River » lorgne d’un point de vue presque intime pour ajouter au dramatisme. Le réalisateur fait du bon boulot avec « London River ». Il présente deux parents d’horizon différent, qui tentent de retrouver leur enfant disparu après les attentats à Londres. Dans « London River », tout s’oppose dans leur nature : Élisabeth, rondelette et cherchant le réconfort dans la parole, lui, Ousmane, longiligne, d’origine africaine et taciturne. Là où on complimenterait non sans excès le talent de Bouchareb, c’est dans ce portrait qu’il dresse d’Élisabeth et d’Ousmane dans « London River ». Incarnés par Brenda Blethyn et Sotigui Kouyate, ils communiquent par le biais de l’espoir de retrouver leur enfant. Ces deux acteurs livrent une magnifique performance avec « London River ». Brenda Blethyn avait après tout reçu le Prix d’interprétation à Cannes en 1996 et Sotigui Kouyate, le Prix d’interprétation masculine à Berlin.
Toutefois, leurs jeux d’acteurs sont limités par le scénario trop prévisible de « London River ». C’est vrai que le film est magnifique, un de ces drames dont on se rappelle pendant longtemps. Rachid capture bien ce pesant sentiment d’incommunicabilité entre les personnages qui fait de « London River » un rendu intime. Le cinéaste fait un excellent travail, mais c’est dommage qu’au final, on trouve cette mise en place trop lisse. Oui, « London River » a ce côté humanisant qui touche les spectateurs. Mais cette perspective linéaire qu’il offre ne permet pas d’attendre un rebondissement. Pas de sursauts cette fois-ci dans « London River » comme dans « Indigènes ». Juste une œuvre délivrée généreusement. « London River » ne déçoit pas, mais il ne comble pas totalement l’âme d’un cinéphile avide d’émotions. Car le réalisateur ne permet pas d’écart dans « London River ». Il préserve et maintient cet équilibre parfait entre le désespoir croissant d’Élisabeth et Ousmane. De même pour l’angoisse qu’on ressent en regardant « London River », le réalisateur ne nous en donne pas trop.
Cette œuvre pudique vaut certes, à Rachid Bouchareb, le salut de la critique. Mais la retenue qu’il confère à « London River » est de trop. Le film semble, et il est assurément une modeste réalisation après le succès tonitruant d’« Indigènes ». « London River » est actuellement dans les salles françaises.
londone, riviere, rashid, bouchared |